Le marquis

Descendant d‘une longue lignée de parlementaires comtois , François Félix Bernard Terrier est né à Besançon le 30 janvier 1734.
Il est licencié en droit et inscrit au barreau de Besançon en août 1753, conseiller au parlement de Franche-Comté en avril 1759 ; président à mortier au Parlement de Franche-Comté en juillet 1760. Il se prononce contre l'expulsion des jésuites hors du royaume en 1765. Il rédige, en janvier 1769, les remontrances au roi contre l'édit prorogeant la perception du second vingtième
Il entre en 1771 dans le Parlement Maupeou et ce jusqu'à sa dissolution par Louis XVI en 1775. Il est chargé, en 1773, de représenter à Paris les intérêts de la Province et, le 13 juillet 1779, approuve la délibération du Parlement qui demande la convocation des Etats Généraux de Franche-Comté, décision refusée par le gouvernement.
Le 8 janvier 1783, il fait partie de la délégation envoyée auprès de Louis XVI pour protester contre la mise en place d'un nouveau vingtième. Il est chargé, en décembre 1786, du rapport protestant contre le projet royal de conversion de la corvée en une prestation pécuniaire.
Il représente le Parlement lors de la convocation royale du 12 janvier 1787. Le roi termine sa harangue écrite par ces mots : « Retournez à Besançon, je vous défends de passer par Paris ; je vous ordonne d'être réunis à Besançon le 18 de ce mois, et je compte que mon Parlement me donnera des preuves de sa soumission ».
En janvier 1788, le Parlement refuse l'enregistrement de plusieurs édits notamment relatifs aux non catholiques, au commerce des grains, à la mainmorte, à l'administration de la justice et à la suppression des tribunaux d'exception. Il proteste également contre l'exil de ses confrères de Paris. Les édits sont enregistrés de force les 8 et 9 mai et les parlementaires sont exilés sur leurs terres. Le Président Terrier se retire dans son château de Moncley jusqu'à la chute de Brienne et l'édit de rappel du 25 août 1788. Le Parlement se réinstalle le 20 octobre 1788.
Selon A. Estignard, c'est une « courte et agréable disgrâce ».
Ses fils de 16 et 12 ans ayant émigré en 1790, le marquis est arrêté et emprisonné à Dijon et à Besançon. Finalement libéré, il meurt le 12 mai 1796 à Besançon.

L'architecte

Né à Besançon en 1734, fils de savetier de la place Saint-Quentin, Alexandre Bertrand développe très tôt des talents de dessinateur.
Autodidacte de talent, il a la chance de rencontrer, en 1770, J.F.T. Chalgrin à qui l'archevêque de Besançon a commandé un travestissement de la cathédrale à la manière d'un temple antique.
Entre 1771 et 1778 le chantier de la nouvelle Intendance construite sur les plans de Victor Louis marque l'irruption du goût à la grecque en Franche-Comté. Enfin, les plans de la saline royale d'Arc et Senans (1775-1779) puis du théâtre de Besançon (1778-1784) sont commandés à Claude-Nicolas Ledoux. A Besançon, c'est Alexandre Bertrand qui dirige le chantier du théâtre en même temps que celui du château de Moncley.
De 1770 à 1782 l'architecte est l'auteur de quelques uns parmi les plus beaux hôtel particuliers de Besançon : hôtel Terrier de Santans (1770, 68 Grande-Rue), hôtel Henrion de Magnoncourt (1776, rue Charles Nodier), hôtel de Camus (1782, rue des Martelots).
Il initie la transformation de la place Saint-Pierre de Besançon en une place royale régulière : église Saint-Pierre (1782-1786) et immeuble à loyer.
Il dessine et réalise les plans de la promenade Chamars (1770-1789) et de Granvelle (1778-1789). A Besançon, on lui doit également les corps de garde néoclassiques de Granvelle (1782) et de l'Intendance (1783) ainsi que la fontaine des Dames réalisée avec le sculpteur Luc Breton (1785).
Enfin, il transforme et complète les châteaux de Ray-sur-Saône et de Champlitte (1781).